"Me tenant comme je suis, un pied dans un pays et l'autre en un autre, je trouve ma condition très heureuse, en ce qu'elle est libre." - R. Descartes

samedi 10 décembre 2011

Ils sont fous ces British (1)

C'est pas du jeu !
Ça fait trois mois que je suis ici et je ne vous ai fait part d'aucune des spécificités locales qui font le charme du Royaume-Uni....

Au bureau.

Au bureau, les Anglais travaillent.
Je ne travaille pas avec suffisamment d'Anglais pour vous raconter la façon dont ils travaillent, mais ce qui est clair, c'est que contrairement à l'autre côté du canal, ici sur l'île il n'y a pas de pauses café conventionnelles, genre celle de 10h ou celle après le déjeuner où tout le monde se retrouve de façon conviviale autour de la machine à café pour raconter son weekend ou polémiquer sur les dernières sorties ciné. Aucun endroit donc pour claquer la bise et taper la discute sur la nouvelle coupe de cheveux d'Untel ou les derniers ragots sur UneAutreTelle. En fait si, mais cet endroit s'appelle le pub, et les gens le fréquentent après le boulot pour y boire des pintes et raconter des blagues dans le flegme et l'ambiance qui s'imposent.

Il reste la pause déjeuner.

En fait beaucoup de mes collègues déjeunent à leur bureau, des tartines ou de la nourriture en tupperware (c). Il faut dire que même s'ils avaient la témérité de déjeuner à la canteen - comme les plus vaillants parmi lesquels je suis fière de compter - ils auraient droit aux tartines chutney/chicken ou cheddar/letuce, ou à des plats plus traditionnels tels que le haggis, ce plat écossais (ci-dessous) mieux connu en France sous le nom de "panse de brebis farcie" pour reprendre Wikipedia, ou le curry indien qu'on ne présente plus (et qui est bien souvent la "valeur sûre" de la cantine).
On n'a peut-être pas droit au stand pizzas des bureaux de Clamart, mais ici, nous avons droit à l'ascenseur du futur - the lift of the future! L'ascenseur du futur c'est quoi d'abord ?

Déjà il faut noter que nos bureaux sont situés dans un parc scientifique au milieu d'un village à vingt minutes d'Oxford en prenant la nationale, et que le bâtiment où nous sommes installés compte un rez-de-chaussée et deux étages... et deux ascenseurs pour rejoindre les étages supérieurs. Vus comme ça, c'est un peu incongru.
Surtout quand on sait que ce sont des ascenseurs qui parlent. Ils, enfin ELLES parlent, d'une voix claire et dans un anglais britannique parfait. Elles disent "Gueuyingue eup. Dôeuz cloeuzine. Ding. Feust flôeu. Dôeuz oeupeuningue. Gueuyine daeun." (si si je vous jure)
Alors je veux bien croire que ces ascenseurs sont là pour les aveugles, mais quand bien même au boulot ils pourraient rejoindre leurs étages j'ai toujours du mal à comprendre comment ils feraient pour rejoindre le boulot... Enfin toujours est-il que du coup on n'a pas d'aveugles au boulot, mais on a deux ascenseurs qui parlent !

samedi 26 novembre 2011

l'Automne, le vrai

Au début du mois j'ai pu profiter d'une escapade au soleil (Émirats puis Tunis), et j'ai compris sur place, en regardant en face ma mine blafarde aux rayons du jour que j'avais définitivement perdu mon teint hâlé d'aventurière d'Amérique Latine, et qu'une page de mon existence s'était tournée... Une de mes grandes peurs, en "rentrant" en Europe, outre perdre mon bronzage, était le climat nordique et le retour dans mon existence des saisons, après près de deux ans d'absence...

Mais force est de constater que malgré la nuit qui tombe à QUATRE HEURES DE L'APREM (!!!!!), la baisse de moral en flèche qui en découle, le froid polaire qui règne en ce moment au Royaume-Uni (5-12 degrés, soit 10 degrés de plus que les normales saisonnières) et les pluies diluviennes (0 mm ou pas loin de pluie en novembre), l'automne a du bon.

L'automne m'a fait redécouvrir les joies d'avoir un appétit gargantuesque à toute heure du jour ou de la nuit, avec une forte préférence pour les produits riches en beurre, fromage, chocolat, crème et autres substances lipidiques ! Je ne sais pas si ça me sauvera de la malnutrition, mais il paraît que j'ai l'air moins "digne de campagnes Unicef contre la malnutrition".
Les nuits plus longues me donnent un prétexte pour dormir (encore) plus ! Avec une moyenne de huit heures par nuit contre six heures trente dans ma vie antérieure, et des pointes à douze heures le weekend et parfois même en semaine, je n'ai jamais eu un tel sentiment de sommeil comblé. Je soupçonne aussi un peu le fait que boire cinq litres de thé par jour puisse être responsable de me faire flirter à nouveau avec l'anémie, mais dormir c'est tellement bon que je fais la sourde oreille et continue de siroter mon thé !

Et puis surtout, je remercie cette saison qui sonne comme une invitation à rester en pyjama tout le weekend sous la couette à mater des séries, lire des livres, se badigeonner de crème hydratante, surfer sur internet, boire du thé chaud et grignoter des frosties, autrement dit, COCOONER - parce que la culpabilité nous a fait trouver une expression consacrée pour transformer un état de larve-en-quasi-hibernation hivernal en activité trendy avec un nom à consonance anglo-saxonne.


Bref comme quoi ça a du bon les saisons !

mardi 11 octobre 2011

Minding the gap

Dans ma prime jeunesse, je pensais que conduire à gauche n'impliquait pas beaucoup de changements pour la circulation, que c'était une simple lubie des Insulaires, au même titre que manger salé au petit-déjeuner. Tu parles, non seulement ça modifie toute la géométrie de la voiture, en plaçant du coup le volant sur le siège du mort, ce qui n'est pas sans poser le problème du changement de vitesse avec la main gauche - ou pourquoi j'ai décidé que ma première voiture, si l'envie suicidaire de m'en payer une en Grande-Bretagne me venait à l'esprit, serait automatique ou ne serait pas - mais en plus ça crée mille raison pour que les passants non avertis s'homicident involontairement, percutés par un lovely jubbly bus rouge à deux étages venant du *mauvais côté* de la chaussée, parce qu'en fait, NON ce n'était PAS le mauvais côté.

Autant vous dire que le fait que je sois encore en vie pour témoigner aujourd'hui relève du miracle à répétition. Pas plus tard qu'hier j'ai failli me prendre une mini dans la tronche. Ahh les minis et le Royaume-Uni, c'est une longue histoire d'amour, mais nous y reviendrons peut-être un autre jour.

La différence entre cette île et le reste du monde, mieux connu ici sous l'appellation overseas, ne s'arrête pas à la circulation routière. Ici il faut apprendre à utiliser des billets et des pièces à l'effigie de la Reine. Là encore il y a un truc totalement déroutant pour moi. Autant le code des couleurs est clair autant je ne comprends toujours pas pourquoi la pièce de 5 pence (prononcer fayf ppi) est la plus petite de toutes ni pourquoi celle de 2 pence (tchouw ppi) est la plus grande de toutes, plus grand même que celle d'une livre...