Ah mais je réalise que je n'ai pas raconté cet événement hautement passionnant de mon existence, mon rendez-vous chez l'ophtalmo pour contrôler ma vue.
Il faut commencer par préciser que je suis myope, mais vraiment myope. Tellement myope qu'une taupe à côté voit quand même vachement plus de choses que moi. Tellement myope qu'il en devient indécent de dire de combien je le suis. C'est pas de naissance, mais c'est tout comme, j'ai porté des lunettes avant même de savoir dire dag meneer, c'est dire. Et là comme je m'apprête à quitter le monde civilisé pour une durée indéterminée, j'aime autant y voir clair.
Ce rendez-vous, il a d'abord fallu le prendre. Je vous la fais rapide et en français.
- Allô bonjour c'est pour prendre rendez-vous
- C'est toi, Haifa, pour un rdv ?
- (EUH qu'est ce qui lui prend celle-là ?!?!) Non.. euh non
- Ahh.........
- Donc, le rdv ?
- Mercredi 16h
- C'est pas possible d'avoir un rdv en matinée plutôt ?
- Non pas de rendez-vous le matin on est complet
- Mercredi je ne peux pas, un autre jour ?
- Jeudi 10h30
- (??!!§% tu pouvais pas le dire plutôt quand je t'ai demandé un rdv le matin de préférence) Ok parfait
- c'est à quel nom ?
- KT
Et là j'aurais dû sentir l'arnaque à plein nez. On me demande toujours de répéter mon nom. Toujours. En Europe c'est le prénom qui cloche. En Tunisie c'est le nom de famille. Quoi qu'il en soit, ça ne rate pas, encore moins auprès des secrétaires, dont je soupçonne qu'elles sont recrutées sur leur faculté à écorcher les noms des clients/patients. Mais là rien, comme si elle avait non seulement compris tout de suite les mots que j'avais prononcés mais qu'en plus elle était en mesure de les retranscrire sans demander d'épeler. Venant d'une personne qui confond ma voix cristalline et pure avec celle d'une vulgaire autre personne. Bullshit.
Le jour du rendez-vous, je vous passe les détails sanglants de mon réveil tôt, enfin à 9h quoi, et saute directement à la salle d'attente, où nous arrivons, mon père et moi à 10h15 histoire de prendre de l'avance car il m'explique qu'ici c'est la jungle et que la règle du Premier Arrivé Premier Servi s'applique dès lors que le médecin arrive, c'est-à-dire au petit bonheur la chance, selon son bon vouloir et la qualité de sa soirée de la veille.
On arrive, la secrétaire me demande mes prénom, nom et date de naissance (des fois sans doute que le même jour à la même heure deux personnes nommées pareil seraient tentées de se présenter au cabinet), qu'elle consigne sur un registre. Elle ne demande pas si on avait rendez-vous et encore moins à quelle heure il est prévu, d'ailleurs rien sur son registre ne ressemble à une liste de rendez-vous. Le traquenard se confirme.
C'est marrant, dans la voiture mon père m'expliquait comment de manière générale aller chez le médecin le 31 décembre était un choix optimal car tout le monde était occupé à préparer le repas du soir. Et j'y ai cru. Jusqu'à ce que les 15 chaises de l'immense salle d'attente que ma manie de l'optimisation avait toujours jugée inutilement sur-dimensionnée soient prises d'assaut, quelques jeunes hommes dotés de sens civique laissant même leur place aux moins jeunes.
En l'espace d'une demi heure une douzaine de patients avaient déboulé dans le cabinet, comme si en ce dernier jour de 2009 soigner sa vue était devenu une question de vie ou de mort. Arriver quinze minutes à l'avance nous avait quand même permis de prendre des places assises et d'être inscrits parmi les premiers de la liste du médecin.
10h45, mon tour arrive. 10h50, je sors, ordonnance en main, délestée de quelques billets, et ayant perdu 0.25 points à l'oeil gauche. Entre les deux, cinq minutes de contre la montre où l'ophtalmo
- m'agresse car ça fait plus de deux ans que je n'ai pas consulté
- regarde la montre
- m'enfonce les lunettes de tests en me demandant de lire les lettres que je tente de déchiffrer aussi vite que possible
- regarde la montre en changeant les verres
- imprime mes ordonnances
- regarde la montre en me disant au revoir
En se rendant au cabinet mon père m'avait rappelé que la dernière fois que j'avais consulté ici j'avais dit que ce serait la dernière, fait que j'avais totalement oublié ou plutôt occulté, et je n'étais même plus en mesure de lui expliquer pourquoi j'avais dit ça - je ne gardais strictement aucun souvenir de ma dernière consultation. Alors aujourd'hui je témoigne pour ne plus jamais me faire avoir à nouveau par l'ophtalmo qui soigne plus vite que son ombre et dont la secrétaire propose 20 rdv à 10h30 un 31 décembre, ne prend même pas la peine de me dire combien je lui dois pour la consultation, n'orthographie pas correctement mon nom et ose s'enquérir de ma date de naissance sans raison notoire. Na !
Qui suis-je ?
"Me tenant comme je suis, un pied dans un pays et l'autre en un autre, je trouve ma condition très heureuse, en ce qu'elle est libre." - R. Descartes
mardi 5 janvier 2010
lundi 4 janvier 2010
FB is watching Us
Au début quand on parlait de Facebook, quasiment personne ne comprenait de quoi on parlait, c'était carrément un truc de geek, avec beaucoup de texte, peu d'images.
Puis un truc bizarre est arrivé : Facebook a été traduit en français et là c'est devenu un phénomène de mode, une course aux friends issus d'un maximum de pays différents, une escalade de photos, une montagne de statuts fleurant bon le sable chaud ou les soirées. Martine à Ibiza, Martine a des amis, Martine se bourre la gueule, Martine (heart) NYC.
Et tout le monde n'a plus eu que ce mot à la bouche. Facebook ceci facebook cela matin midi et soir. Comment faisaient les stagiaires pour occuper leurs journées en 2005 ? Je ne sais pas, tetris ? Quant à moi je fais partie de la génération Facebook, de ces gens, nés après 1977 - loi empirique fondée sur un test du Khi-2 à 10% imaginaire mais plausible - qui n'imaginent que difficilement de vivre sans FB, sans toutefois faire partie de ces autres, nés au-delà de 1988 - autre fait vérifiable, qui confondent site de réseau social et skyblog KiKoooOO LoOl.

Il faut dire que pour notre génération, les 77-88, Facebook a permis de trouver de l'emploi aux States, un appart à Paris ou encore un mari dans le Golfe. Pour les aînés elle permet tout au plus de voir les albums photos de ses enfants expatriés, et pour nos cadets, de stalker tous ses amis et tout faire pour devenir une star auprès d'eux. Je caricature, j'exagère, je suis dure. En vrai, même les 77-88 font cela.
En tous cas je ne cracherai pas davantage, j'ai personnellement retrouvé mes amis d'enfance que j'avais quitté 14 ans auparavant sans piper mot. Nous nous sommes même revus le temps d'une soirée, pour causer calvitie, rhumatisme et colle à dentier, ah et puis ressasser les souvenirs du passé, quand le processeur le plus puissant sur le marché était celui de nos Nintendos. Ah ! C'était mieux avant !
Puis un truc bizarre est arrivé : Facebook a été traduit en français et là c'est devenu un phénomène de mode, une course aux friends issus d'un maximum de pays différents, une escalade de photos, une montagne de statuts fleurant bon le sable chaud ou les soirées. Martine à Ibiza, Martine a des amis, Martine se bourre la gueule, Martine (heart) NYC.
Et tout le monde n'a plus eu que ce mot à la bouche. Facebook ceci facebook cela matin midi et soir. Comment faisaient les stagiaires pour occuper leurs journées en 2005 ? Je ne sais pas, tetris ? Quant à moi je fais partie de la génération Facebook, de ces gens, nés après 1977 - loi empirique fondée sur un test du Khi-2 à 10% imaginaire mais plausible - qui n'imaginent que difficilement de vivre sans FB, sans toutefois faire partie de ces autres, nés au-delà de 1988 - autre fait vérifiable, qui confondent site de réseau social et skyblog KiKoooOO LoOl.
Il faut dire que pour notre génération, les 77-88, Facebook a permis de trouver de l'emploi aux States, un appart à Paris ou encore un mari dans le Golfe. Pour les aînés elle permet tout au plus de voir les albums photos de ses enfants expatriés, et pour nos cadets, de stalker tous ses amis et tout faire pour devenir une star auprès d'eux. Je caricature, j'exagère, je suis dure. En vrai, même les 77-88 font cela.
En tous cas je ne cracherai pas davantage, j'ai personnellement retrouvé mes amis d'enfance que j'avais quitté 14 ans auparavant sans piper mot. Nous nous sommes même revus le temps d'une soirée, pour causer calvitie, rhumatisme et colle à dentier, ah et puis ressasser les souvenirs du passé, quand le processeur le plus puissant sur le marché était celui de nos Nintendos. Ah ! C'était mieux avant !
vendredi 1 janvier 2010
Bonne année quand même !
Premier message de cette année qui commence par une pleine lune éblouissante, à une semaine de mon départ de Tunis. Ces quelques semaines à la maison sont passées à une vitesse fulgurante et je pense bien avoir (re-)pris goût à la vie tranquille que l'on mène quand maman fait à manger et papa nous conduit. Bientôt il faudra se remettre à tout faire par soi-même. Arff...
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