"Me tenant comme je suis, un pied dans un pays et l'autre en un autre, je trouve ma condition très heureuse, en ce qu'elle est libre." - R. Descartes

jeudi 11 mars 2010

Karcher et hop, tu parles !

Tiens c'est marrant ce matin en venant au boulot, à la radio locale j'ai entendu passer le nom de Sarko. Je saurais pas trop vous dire de quoi il s'agissait, mais ça devait être prémonitoire... Bref faut que je vous raconte le drame de ma journée !
D'abord je vais vous raconter une partie de ma journée d'hier.

Quand on finit de démonter un outil qui revient du terrain, on le lave au Karcher. Vous devez trouver ça fun. En fait ça l'est 5 minutes, après c'est juste crevant parce que d'une on porte une combi imperméable jaune fluo taille XXL au dessus de la combi bleue déjà pas très commode, lourde et pas si imperméable, de deux on porte aux pieds des bottes imperméables jaunes fluo vraiment glissantes, un 39 au pied droit et un 40 au gauche parce que les stocks sont mal triés (imaginez si je portais du 36 !), de trois il faut être très précis et nettoyer une vingtaine de tuyaux boueux et gras, de quatre j'allais oublier le masque qui t'empêche de respirer, fait de la buée de l'intérieur et est plein de gouttes et de graisse de l'extérieur.

Bref hier au bout de 40 minutes de karcherage intensif, j'ai appelé mon supérieur pour qu'il vienne inspecter. Il trouvait le résultat perfectible : et c'est reparti pour une session de karcherage de rattrapage. Après avoir retiré ma robe de princesse j'étais trempée jusqu'aux os : sueur sous la combi bleue, eau sur la combi bleue (et bientôt jusqu'aux os) et suie partout
(cheveux, visage, combi bleue et combi jaune). Bref une vraie souillon ! Il faut dire que je n'avais encore aucune technique.. Bien sûr après il a fallu nettoyer au chiffon et à l'anti-corrosif (qui t'arrache les muqueuses à chaque psshit) et sécher chaque pièce. En tout j'en ai eu pour cinq bonnes heures de boulot. Près de la moitié de ma journée de boulot.


Bref ce matin ne voilà-t-il pas que j'ai trouvé un nouveau chariot prêt à passer sous la douche. J'ai appris par la suite que c'est une tâche réservée au trainee, vous imaginez ma joie. Bref je renfile ma tenue de combat (encore humide de la veille, mmmh) qui doit peser au bas mot trois quintaux, et je m'en vais en croisade avec mon chariot à travers la base vers le champs de bataille de la veille. Je commence à déposer bien soigneusement mes 25 pièces à terre (j'aime à penser dans ces moments de torture à tous ces muscles que je suis en train de créer dans mon petit corps meurtri). Sans rire à la dernière pièce deux gars se pointent et l'un me dit qu'ils ont réservé le local, la scène se passant en fait dans le labo de pression de la base (car le karcher est fortement pressurisé) jusque 13h. Il était quelque chose comme 8h30. Bon je reste zen et lui réponds dans un espagnol plus qu'approximatif et avec un optimisme à toutes épreuves que j'en ai pour une demi-heure. Ils continuent de déballer leur matos comme si je n'existais pas, puis me répètent juste qu'ils ont réservé et qu'ils en ont jusque 13h. J'appelle alors mon manager qui me dit que c'est pas grave, que j'aurai qu'à revenir. J'avais vraiment envie de pleurer, comme quand tu sais que tu dois vas passer sous la guillotine et que quand enfin tu t'y résignes (je portais 300 kg de plastique mouillé pour l'occasion quand même) on te dit 'ah ben en fait, tu vas y aller, mais pas tout de suite, on veut te faire bien mariner avant..'
Bon finalement l'après-midi j'ai bien eu droit à mon créneau douche et essorage, j'allais certainement pas y couper ! Mais honnêtement et sans vouloir me la péter, je crois que je commence à avoir la main, à défaut d'avoir le style...
Pour info on aperçoit mon chariot juste derrière moi, et dans le fond quelques outils assemblés.

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