"Me tenant comme je suis, un pied dans un pays et l'autre en un autre, je trouve ma condition très heureuse, en ce qu'elle est libre." - R. Descartes

mercredi 16 juin 2010

Pause déjeuner

13h.
Je quitte la base pour aller manger. Taxi direction le Centre Commercial, 13h05, je suis dans l'ascenseur qui me mène au troisième étage. Je commande mon déjeuner. Huit minutes d'attente.
Ascenseur. Carrefour.
Ah oui j'ai dû vous dire qu'il y avait un Carrefour ici. Mais c'est pas la même chose. Déjà le nom, attention attention, surtout pas le prononcer en français : ici on dit Cahrré-four en prenant bien soin de rouler les r.

En trois minutes chrono j'achète les produits de base de mon alimentation, de haut je dois ressembler à pacman poursuivi par des méchantes bêbêtes, tellement je trace en ce sanctuaire de la consommation, haut lieu de vénération et contemplation des autochtones, pas leur faute si le seul musée qu'il y a ici est celui de l'histoire pétrochimique du coin.
13h08 à la caisse. Mon cardiogramme s'affole, mon encéphale quitte son état de végétation profonde, il faut répondre aux questions de la caissière qui ne sait jamais comment ma carte bleue fonctionne, normal quand on sait que j'utilise toujours ma carte française par flemme et par confort.
- Carta Afiliada ? Tarjeta Credito ? Cuantas quotas ?

- C'est bon meuf m'insulte pas, restons courtois..
Pendant que je me retourne les méninges à essayer de comprendre de quoi il s'agit, un autre employé empaquète mes courses. Ici il y a toujours un gars payé pour t'emballer tes paquets. Comme si ça tuerait de les faire soi-même...
Mais attention ce gars-là c'est un champion : il fait ça toute la journée, des sacs. Avec rapidité et dextérité, il regroupe méthodiquement les achats par catégorie, genre jamais il mettra le produit WC avec le pain. Il est presque aussi psycho-rigide que moi, ça fait flipper. Surtout qu'il a un tic ce gars-là, enfin j'utilise un singulier de vérité générale, parce que ce sont tous des clones de l'empaquetage, comme s'il y a avait une école où t'apprends à empaqueter pour les supermarchés colombiens.

Donc le problème, c'est ce tic qu'ils ont de SYSTÉMATIQUEMENT fermer le sac avec un double nœud avant de te le tendre fièrement. Bah bravo mec t'es fier de toi, je fais comment pour le porter moi maintenant ? Et va défaire le nœud de ce sac en plastique pas recyclable, autant t'arracher les phalanges des index à porter tes sacs du bout des doigts, ce sera plus simple.

Oui, bien sûr, j'ai essayé de leur dire que c'était pas la peine qu'il fasse le nœud, mais ces gars sont encore plus lobotomisés que moi faisant mes courses (et ce n'est pas peu dire) et même s'ils font l'effort d'y penser pour le premier sac, leurs réflexes reprennent le dessus dès le suivant.

Bref je repars avec mes 18 sacs qui traînent péniblement au bout de mes index. À la sortie de l'hyper je me fais arrêter par le gars de la sécurité. Oui ici il y a des gars de la sécurité devant chaque magasin, c'est courant. Il veut mon ticket de caisse. Bien sûr j'ai eu le bon goût de le fourrer dans un des sacs. Je les pose par terre. Bon en vrai ils se fracassent au sol, faudra racheter des œufs, je me mets à quatre pattes et fouille frénétiquement chacun de ces sacs soigneusement emballés et hermétiquement fermés. Malgré la clim' à fond il commence à faire super chaud, heureusement que je suis maniaque et que je suis certaine de ne pas l'avoir jeté ce ticket. Loi de Murphy aidant, le ticket est dans le dernier sac au sol, le petit tout léger. Je brandis le bout de papier complètement froissé au vigile, fière comme s'il s'agissait d'un ticket de loto gagnant ; il ronchonne, le regarde à peine et griffonne sa signature dessus, ben voyons.

Ascenseur, troisième étage, pile poil pour récupérer mon déjeuner. Ici dans les CC y a toujours un étage restauration "rapide" : tous pleins de "fast"-foods organisés en carré avec des tables au centre, la solution optimale au problème ancestral de quand tout le monde veut pas manger pareil. Ici chacun peut commander ce qu'il veut (au choix parmi hamburger, burrito, bandeja paisa ou pâtes) et tous peuvent quand même manger ensemble. Ah oui j'oubliais ces guillemets mis pour signifier que le mot rapide est très relatif. Ici il faut attendre 15 à 30 minutes pour avoir son burger. Le temps de faire ses courses et de se faire humilier par un vigile en somme.

13h30. Appart, déjeuner, miam. Dodo. Ça se passe comme ça le midi à Barranca...

3 commentaires:

  1. hey, les gars ne sont pas payé pour t'emballer vos paquets.... ils travaillent seulement par le pourboire, d'habitude sont des étudiants dans l'école secondaire ou des universitaires qui font cela à temps partiel, donc la prochaine fois si vs pouvez et si vs voulez donnez-leur qqch $ ou au moins qq monnaies s.v.p. Merci et bonne chance avec ton séjour à Btá. moi, je suis colombien et je trouve intéressant ton blog, chao parcera

    RépondreSupprimer
  2. haaaaiiiiiiin (bruit de la fille qui vient de comprendre)
    Mais fallait le dire :)
    Merci pour le renseignement, j'en profite pour te demander si TU sais pourquoi certains hommes ici mettent du VERNIS A ONGLE, c'est l'un des mystères que je ne m'explique pas !!!
    Gracias por el comentario, saludos !

    RépondreSupprimer
  3. Tout pareil ici à bangalore pour les sacs ! Sans la méthodologie et je ne sais pas pour la partie pourboire :-)

    RépondreSupprimer