"Me tenant comme je suis, un pied dans un pays et l'autre en un autre, je trouve ma condition très heureuse, en ce qu'elle est libre." - R. Descartes

samedi 31 octobre 2009

Med-Track : épilogue

Ca y est j'ai reçu les résultats de mes analyses médicales ! Je suis sûre que vous êtes impatients d'en connaître les résultats !

"L'examen clinique est normal. La radiographie du thorax et l'électrocardiogramme ne montrent pas d'anomalie. Sur le plan du laboratoire, la numération formule est normale, la vitesse de sédimentation est basse. [...] La recherche de drogues dans les urines est négative."

Alors la question qui me taraude est : qu'est-ce que la vitesse de sédimentation ? Que veut dire le fait qu'elle soit basse ? Docteur, est-ce que c'est grave ? Bon visiblement ça ne l'est pas.

vendredi 23 octobre 2009

Med-Track

Derrière ce nom aux allures d'épisode de Star Wars se cache le check-up médical complet requis par ma future boite afin de travailler en tant qu'expat'. J'avais rendez-vous ce matin aux aurores pour passer mon examen.
Chapitre 1 : 9h45, l'arrivée
A deux rues de ministère de la Culture et de la rue des Bons Enfants se cache la rue du Colonel Driant, abritant l'organisme agréé pour ce genre d'examens, le CMETE. Une fois au 3e étage, je dois remplir un formulaire puis attendre que l'on m'appelle. Dans la salle d'attente plusieurs personnes sont déjà là, certaines se reconnaissent et discutent qui de son retour du Pakistan, qui de son départ à Riyadh, comme s'il s'agissait de Massy et Saint-Denis... Je suis témoin d'une personne appelée qui quitte la salle avec un praticien en blouse puis revient s'asseoir un instant après comme si de rien n'était. Etrange. Je me saisis d'un Paris Match qui a l'air récent et narre la vie de Depardieu père après la mort de Depardieu fils.

Chapitre 2 : la radiographie
Mon tour arrive au bout de 5 minutes d'attente, je ne connaîtrai pas les dessous de la vie de Depardieu. Une dame vient me chercher et me conduit dans un cagibi digne de ma chambre d'internat en prépa. Elle m'indique un vestiaire et me dit que je pourrai me rhabiller. Mais je suis habillée ? "On va vous faire une radio du thorax après vous pourrez retourner dans la salle d'attente". Cinq minutes plus tard je retrouve ma place, mais pas mon magazine.

Chapitre 3 : le médecin
Un homme vient me chercher, il me serre la main et sourit. Plutôt rassurant. Il me conduit dans un cabinet et me pose à nouveau toutes les questions du formulaire : maladies graves ? opérations ? antécédents familiaux ? Puis me parle de la Colombie tout en examinant mon coeur et en vérifiant mes réflexes : "En Colombie il y a le palu. Et la leishmaniose aussi ! Vous connaissez ? Oui ça se transmet par les insectes ! Mais rassurez-vous en Tunisie aussi, dans le Sud, vers Tataouine". Il aime bien bavarder. Bien sûr il évoque les Farcs, je commence à avoir l'habitude ! Il finit par m'expliquer que l'on va me faire une batterie de vaccins, un électrocardiogramme et des analyses sanguines. Je retourne en salle d'attente. Ma place et mes deux magazines sont occupés : c'est ça aussi de parler d'Ingrid Betancourt et d'accouchement dans la forêt amazonienne.

Chapitre 4 : les vaccins
Place au cocktail explosif. J'en suis quitte pour quatre piqûres : fièvre jaune et hapatites au deltoïde droit et DTC, ROR au gauche.
Mais ne brûlons pas les étapes ! J'ai d'abord droit à l'
examen scrupuleux des deux seuls papiers que je possède attestant des vaccins que j'ai subi au cours de mon existence - les plus récents remontant à 95, avec soupirs et incompréhension de mes interlocutrices en prime. J'ajoute que j'ai été vaccinée en 2003 contre le tétanos et le BCG, enfin je crois. Qui possède encore un carnet de vaccination exhaustif et tenu à jour à notre âge ? Les deux demoiselles face à moi me regardent comme une enfant de six ans, elles s'étonnent que je n'aie pas eu de rappel contre la rougeole/oreillons/rubéole vers 2 ans. Alors elles me demandent si là où j'ai vécu c'était rare d'être vacciné. Uccle, Bruxelles capitale européenne ? Bref, elles m'expliquent ensuite qu'elles vont me fournir un joli carnet de vaccination, que je devrai garder précieusement et fournir lors de mes prochaines vaccinations. Soit. Dernières contre-indications : pas d'aspirine, pas d'alcool pendant 48h. Soit. Et c'est le grand saut : deux injections par épaule, fièvre jaune, diphtérie, tétanos, coqueluche, polio, rougeole, oreillons, rubéole, hépatites A et B. Je demande si la polio ce n'était pas une goutte à avaler à une époque. On m'explique que pas spécialement, que c'est de l'intramusculaire mais que parfois le vaccin DTC (diphtérie tétanos coqueluche) se fait aux fesses pour les enfants mais qu'à mon âge on estime que le deltoïde est bien assez fourni. A-t-elle bien observé le mien ? Quatre sparadraps plus tard, je suis face à Marie France 'spécial rondes'. Tiens le nom du magazine c'était pas Marie-Claire à une époque ?

Chapitre 5 : l'électro
Dernière épreuve au troisième étage de l'immeuble. On me ventouse une demi-douzaine de capteurs partout sur le thorax puis en trente secondes une machine imprime un joli tracé censé représenter mon activité cardiaque. Il paraît qu'il me sera envoyé avec les autres résultats, que j'aurai dans une dizaine de jour ! Je peux descendre au premier, direction le laboratoire d'analyses, où je dois subir un examen de dépistage de drogue et des analyses sanguines.

Chapitre 6 : le labo
J'entre dans un autre cabinet, deux étages plus bas. Dans la salle d'attente un distributeur de boissons me nargue : il m'a été prescrit d'être à jeun pour ce rendez-vous. Comment ça se passe si le rendez-vous est l'après-midi ? Peut-être que le centre n'est ouvert que les matinées ? Et puis quelle idée aussi de mettre un distributeur ici ! Personne dans la salle d'attente. Autres magazines, moins récents.
On vient m'appeler pour l'analyse sanguine. Tout en préparant des flacons, la dame en blouse me débite tel un automate une série de consignes sans même m'adresser un regard : "après avoir déposé votre manteau au porte-manteau vous pourrez prendre place sur le siège et présenter votre bras gauche. Vous serrerez votre poignet." Elle enfonce la piqûre et me dit de desserrer, sans s'adresser à moi en particulier. Elle remplit un flacon, deux, trois, jusqu'au cinquième. "Vous allez exercer une pression sur le coton pendant que je pose les étiquettes puis je mettrai un sparadrap et vous pourrez retourner dans la salle d'attente. A votre droite vous pouvez prendre une madeleine et vous servir une boisson au distributeur dans la grande salle. Je vais vous donner un test à effectuer pour dépister le cancer du colon, vous le ferez chez vous tout est expliqué puis vous renverrez le tout en n'oubliant pas d'affranchir. L'adresse est déjà indiquée sur l'enveloppe." Elle étiquette méthodiquement ses flacons puis me tend une enveloppe. Qui a dit que le travail à la chaîne était aboli ?
Je retourne en salle d'attente, en ayant enfin compris le pourquoi du distributeur. Je mange goulûment ma madeleine avec un chocolat chaud. Il ne reste que les analyses d'urine. Mais n'ayant rien mangé depuis hier soir je commence à m'interroger : suis-je en mesure d'accomplir ce que l'on va me demander de faire ? Une dame arrive, me conduit aux WC aménagés où elle me tend un flacon, et un petit paquet. Elle appuie sur un bouton qui fait défiler un emballage plastique sur l'abattant de la toilette, me pose des questions précises sur mes pronostics quant à cette épreuve et mes conditions mensuelles. Elle m'explique à quoi sert la lingette dans le petit paquet, puis me livre les dernières consignes laconiques en ces termes : "commencez par un premier jet dans la cuvette puis le reste dans le flacon" et s'en va.
Après un long fou rire j'observe cet engin de torture composé d'une toilette classique munie de boutons ici et là et d'un support métallique à l'endroit de la cuvette. Je me questionne sur l'utilité de tous ces gadgets, puis capitule, m'installe et attends, inquiète. Et si je n'y arrivais pas ? Que se passe-t-il si au contraire la personne s'est beaucoup hydratée avant l'analyse ? Ou si un drame se produit ? Il faut dire qu'ils prennent leurs précautions en demandant si l'on pense qu'il y aura une grande commission... Bref j'arrête de stresser, et j'arrive à délivrer sur commande juste assez sans trop en faire non plus. Là c'est le drame : que faire du flacon ? Elle ne m'a rien dit à ce sujet ! Le laisser et déguerpir, sachant que l'étiquette est déjà posée, ou bien l'emporter à la réception d'un air naturel et décomplexé ? Je me décide à y aller pas à pas, en commençant par les fondamentaux. J'ouvre la porte et sors de la pièce exiguë pour aller me rincer les mains, toujours aux WC. A ce moment, la dame revient et fonce droit sur la toilette, retire mon flacon de sa main gantée et l'emporte pudiquement. Ouf, sauvée !
Je peux rentrer chez moi, il est 11h15 !

Chapitre 7 : quand y en a plus y en a encore
Arrivée chez moi je déballe mon sac et examine mes goodies. Le carnet de vaccination est minuscule et je suis sûre qu'il ne fera pas long feu ! Quant à l'enveloppe, elle contient trois petits paquets et une consigne. Par pudeur je tairai en quoi consiste le prélèvement, mais je comprends pourquoi il est à réaliser chez soi !

jeudi 22 octobre 2009

Fisc, Med track et excès de bagages

Aujourd'hui journée riche en démarches administratives !

Cela faisait trois jours que j'appelais (en vain, ai-je besoin de le préciser ?) mon centre d'impôts pour savoir quelles sont les démarches à entreprendre lorsque l'on quitte la France. Car au mois de mai j'avais eu la bonne idée de déclarer mes revenus, quoique nuls, parce que c'est la loi d'abord et aussi pour avoir droit à un avis d'imposition, pièce clé de nombreuses démarches administratives (CAF, location d'appart..). Bref aujourd'hui si je ne me désinscris pas je risque d'être imposée en France 'par défaut'. Je me suis donc rendue au centre SIP du 5e Rue Geoffroy de St Hilaire. Là, pas de ticket ni de queue, j'ai tout de suite pu parler à un agent. Ma déclaration 2009 et une pièce d'identité ont suffi à le convaincre et j'ai simplement dû donner une adresse où me faire parvenir la future déclaration, car je devrai quand même déclarer mes (non-) revenus jusque novembre 2009 en France. En sortant, soit 5 minutes après mon arrivée, j'en ai profité pour passer au jardin des plantes ainsi qu'à la mignonette Grande mosquée de Paris !


Puis direction Luxembourg et plus précisément l'agence Air France pour mon billet 'One way ticket' vers Tunis. L'agence était vide, ce qui est suffisamment rare pour être mentionné. L'opératrice était adorable, elle a évalué avec moi toutes les formules envisageables pour trouver la plus avantageuse pour moi qui risque d'avoir beaucoup de bagages. Aller simple ou aller-retour ? Billet éco + franchise de bagages supplémentaire ou billet 1st class ? Ce fut l'occasion pour moi de découvrir le prix exorbitant des franchises de bagages (15€ le kilo) et celui, encore plus rédhibitoire, des billets 1st class (900€ pour un aller simple vers Tunis !).
Si vous vous posez la question, la meilleure solution pour rentrer définitivement à Tunis est de prendre un aller simple en tarif jeune et d'acheter des franchises de bagages à l'aéroport avec ses miles de carte flying blue dont on n'avait jamais vu l'utilité auparavant car on n'avait jamais vraiment eu le temps de demander et parce qu'on avait pris l'habitude d'acheter ses billets en ligne ! Vous qui possédez une carte flying blue (ou fréquence jeune), sachez que vous pouvez acheter une franchise de bagages de 5 kg pour 3500 miles !

J'ai passé le reste de l'après-midi à imprimer une foultitude de documents médicaux pour mon bilan de santé de demain, et à scanner ma vie sur Google Docs, de mon diplôme du Bac à mon RIB en passant par un bulletin n°3 certifiant que mon casier judiciaire est vierge...

Quand on a le temps tout est tellement plus simple !