"Me tenant comme je suis, un pied dans un pays et l'autre en un autre, je trouve ma condition très heureuse, en ce qu'elle est libre." - R. Descartes

mardi 29 juin 2010

Mais où sont-ils ?

Je vous refais brièvement mon voyage et mes premiers jours aux Émirats.

Samedi midi, un avion Air France quasiment vide, dont la population varie entre jeunes enfants à papa et papas. On y trouve des Français, des Américains, quelques Sud-Américains, des Canadiens, et d'autres Européens, mais point d'Émiratis. Les hôtesses parlent français, anglais, espagnol, allemand et malgache (ah bon ouf !). Mais point d'arabe.

À l'arrivée à l'aéroport, on doit passer par l'immigration, divisée en deux, comme en Europe. Sauf que là, on est dans la mauvaise file. Un tiers des guichets est réservé aux Émiratis. Sauf que ce tiers est vide.

Après quelques heures à poireauter respectivement à l'immigration, aux bagages, à la file pour les taxis, je peux enfin partir, conduite par un Népalais. Arrivée au Learning Center (MLC pour la suite), accueillie à la réception par un staff indien, et à partir de là, SLB oblige, la diversité culturelle est à son comble. Six continents, pleins pleins de nationalités différentes. Mais toujours pas d'Émirati à l'horizon.

Mais ils sont où ?

lundi 28 juin 2010

Lost in Translation

Rendons-nous à l'évidence, je suis complètement sous l'effet du décalage horaire.

Au début je ne voulais pas me l'avouer, ça fait réchauffé de dire qu'on subit l'effet du jet-lag, ça fait pas sincère, juste une façon comme une autre de mettre en avant le fait que l'on vient de parcourir une longue distance.

Jusque hier je pensais que ce dont je souffrais c'était juste de la fatigue, facile à croire quand on a dormi moins de huit heures en trois nuits. Mais hier j'ai rattrapé tout cela.
À dix-sept heures, quand notre formateur nous a libéré, chose surprenante pour tous les élèves venus d'Amérique du Sud tout du moins, qui sentaient qu'on en était seulement à la moitié de la journée, je suis allée directement faire une sieste d'une bonne heure. Puis je me suis couchée à 9h, comme assommée.


Sauf qu'au bout de six heures de sommeil j'étais sur pied et en pleine forme. Il n'était pas encore 4h du matin, et je n'avais pas de connexion internet, le vrai cauchemar. Vers cinq heures je décide quand même de m'allonger dans le noir, histoire de reposer mes yeux. Je ne sais pas à quelle heure je me suis rendormie, tout ce que je sais est que j'ai éteint mon réveil quand il a sonné et me suis recouchée, jusque quinze minutes avant le cours....

Et depuis je me sens complètement en marge de la société, comme si j'étais en-dehors de mon corps et que je me voyais évoluer là, sans aucun recours.

Sinon tout va bien, hein ;-)

samedi 26 juin 2010

(Paris)


La sonnerie du RER raisonne dans mes oreille, les portes se ferment, les gens se serrent, dans la chaleur humaine de ce samedi de juin.

Les images se succèdent dans ma tête au même rythme que les paysages défilent par la fenêtre. Les trajets de RER ont cela de mystique qu'ils sont une source intarissable d'inspiration, à moins que l'on veuille bien se mêler à la foule. Là, entouré d'inconnus qui nous inondent par le flot de leurs effluves, conversations et respirations, on fixe la fenêtre, ou la carte du trajet de la ligne, et l'on pense.

Je viens de passer vingt-quatre heures à Paris, le temps de revoir mes amis et de me rendre compte que ce sont eux qui comptent et pas le décor. Alors oui, faire un pique nique au bord de la Seine, ça a certainement plus de gueule que de manger un burger au centre commercial du coin, mais ce décor, c'est la cerise, pas le gâteau.

Je ne sens plus la fatigue du vol, du manque de sommeil, du décalage horaire. Je transcende mon corps et vais par la pensées revivre ces quelques bribes de temps, pas encore élaborées en souvenirs.

Y étais-je vraiment ? Suis-je seulement partie ? D'où vient-il que chaque fois que je reviens dans un endroit familier j'ai cette sensation bizarre de n'en être jamais partie ? Ces questions ont-elles un sens ou sont-elles le fruit d'un esprit embrumé par la fatigue ?