Qui suis-je ?
jeudi 30 décembre 2010
Vous me manquez
Bisous de loin, à bientôt de près, joyeux anniversaire au(x) gen(s) qui se reconnaîtront et Bonne année à tous !
mardi 28 décembre 2010
La France vue du ciel
vendredi 24 décembre 2010
Enfin seule..
Pendant ce temps-là, je me tais, et savoure à l'avance la satisfaction que me procurera le court moment où j'offrirai gracieusement de travailler ces jours-là et me sacrifier ainsi pour la communauté, dans mon infinie bonté ; ainsi que le plaisir que j'éprouverai le jour-dit, à venir travailler, seule ou presque, et pouvoir terminer la montagne de petites tâches, qui ne font pas partie de ma description d'emploi, mais qui rendront mon travail quotidien bien plus facile (et que personne ne veut faire de toutes façons), dans un silence complet ; et enfin la joie de profiter de vacances quand tout le monde est de retour au bureau. Bref un cadeau trois en un, comment refuser ?
Merci tout le monde de vouloir prendre vos week-ends, vos jours de Noël et de l'an, continuez comme ça !
PS : et pour couronner le tout, je ne suis plus une trainee depuis hier !
mercredi 22 décembre 2010
2010 tu ne t'en tireras pas comme ça
mardi 14 décembre 2010
Bilan 2010
dimanche 12 décembre 2010
De retour en Tierra Caliente
vendredi 10 décembre 2010
Chapitre III, épilogue - Cuba, Terre exilée

mercredi 8 décembre 2010
Chapitre II - Cuba, Terre isolée
Après une bonne nuit de sommeil, nous sommes prêtes à affronter notre destin, et à sortir visiter la ville, bravant tous les obstacles, le mauvais temps et les visages moins affables que ceux que nous connaissons en Colombie.
Le soleil nous fait l'honneur de sa présence, et le bus de l'hôtel nous emmène à La Habana Vieja. Les rues nous enchantent, le soleil donne une autre teinte aux maisons décrépites, un certain charme vieilli, mais soudain joyeux, tout juste comme nous.
Nous nous éloignons vite des autres touristes et commençons à déambuler, sans savoir trop ce que nous cherchons, de l'authenticité, capturer un peu de cette vie locale, et non pas uniquement regarder des murs rouges et bleus et des voitures des temps passés.
Notre promenade nous conduit devant une boutique un peu spéciale. Il s'agit de l'atelier d'une artiste, qui a élu domicile loin de la rue des vendeurs de peintures de paysages locaux certes kitsch mais ô combien réchauffés, et elle peint autre chose.
On entre découvrir cette petite pièce lumineuse, composée d'un chevalet, d'une petite table où sont posées les peintures. Ici une plante, là un fauteuil, sont autant d'accessoires qui insufflent à ce local un parfum d'authenticité. Ici il s'agit de meubles courants, rien à voir avec des trouvailles d'antiquaires, cependant ils ont été choisi avec soin et disposé avec goût. L'artiste, une cigarette à la main, semble avoir entamé la soixantaine, bien que ses courts cheveux noirs nous inviteraient à croire le contraire. Elle est vêtue comme elle a décoré son intérieur : avec soin et goût. Plusieurs bagues parent ses doigts, et elle semble savourer chaque minute de son travail. Je me l'imagine ayant voyagé toute sa jeunesse, pour nourrir son imagination et son inspiration, aussi parce qu'elle a l'air ouverte et intellectuelle, comme une dame du monde qui aurait beaucoup voyagé, toujours avec classe, élégance, et un carré Hermès noué au cou (oui mes a priori sont ridicules, mais ils ont été nourris à coups d'encarts publicitaires de magazines féminins, on ne se refait pas).
Nous engageons la conversation avec elle de manière plutôt naturelle. Elle nous explique ses techniques, nous décrit certaines de ses oeuvres. Un tableau me tourmente, et je ne le comprends pas : un mur tout noir, duquel se détache une main qui soutient entre le pouce et l'index une boule métallique. Cette boule contient une fenêtre au milieu de sa face visible, fenêtre sur une plage luxuriante de végétation, au bord de la mer. Un homme au visage déconfit se tient sur cette plage. Il ne profite pas de son île, au lieu de cela il est accroché aux barreaux de la fenêtre, des barreaux de métal, inaltérables. Pourquoi cet homme, qui vit sur une île de rêve est-il cramponné à cette fenêtre, qui donne sur une pièce noire. L'artiste me dit que c'est comme ça, et que même le plus bel endroit du monde devient une prison si l'on ne peut en sortir. Je reste perplexe, un peu décontenancée.
Cependant nous continuons de converser, et nous apprenons à notre hôte de fortune que nous résidons en Colombie. Elle nous demande comment c'est, si ce n'est pas trop dangereux - les idées reçues ont la vie dure… Nous lui chantons notre amour pour ce pays, et lui conseillons vivement de le visiter si elle a l'occasion de voyager. Non, je ne voyage pas. C'est sa réponse. Nous demandons des détails, étant donné cette phrase qui semble sans appel. Elle nous explique alors que quand on est Cubain, pour pouvoir sortir du pays, il faut un motif de voyage (le tourisme n'en est pas un), et une invitation personnelle de la part d'une personne qui se porte garant pour nous. Notre artiste nous explique que du haut de ses nombreux printemps, elle n'a jamais voyagé de sa vie et ne voyagera sans doute jamais, et que ses compatriotes en majorité non plus. Pas de télévision par satellite non plus, et seul un accès restreint à Internet est disponible, avec une connexion médiocre et un unique fournisseur d'adresses mail, correodecuba.com.
Le tableau prend alors pour moi tout son sens.
Nous la quittons en prenant les coordonnées de notre charmante amie, qui nous a apporté en une demi-heure ce que nous cherchions depuis la veille, parler franchement à des gens d'ici, profiter de ce que la langue ne soit pas une barrière, et de ce que la culture ne soit pas pour nous qui vivons si près, un si grand clivage.
Nous nous éloignons, repensant à cette rencontre, et à ce que nous venons d'apprendre, pour nous diriger vers une église, au sortir de laquelle nous nous attardons à prendre des photos artistiques. Jusqu'à ce que la vue d'un couple m'arrête tout net. La fille me dit quelque chose, je crois la connaître, mais ne me souviens plus d'où. Il faut dire que je ne m'attendais pas à devoir faire appel à ma mémoire de souvenirs parisiens si loin de la Tour Eiffel. Je suis incapable de quitter mon regard de cette jeune fille, et finis par tenter une approche timide en leur demandant s'ils sont Français. Ils répondent par l'affirmative. La fille ressemble à cette ancienne miss météo de Canal, dont bien sûr j'ai oublié le nom. C'est marrant qu'elle fasse du tourisme au même endroit et au même moment que moi. En bas de la rue j'ai l'impression que des gens sont assis et se préparent. Je m'imagine que c'est un orchestre de rue qui va donner un petit concert. Ma camarade de voyage pose et je prends des photos, et cette star parisienne est là, toujours. Alors je lui pose la question : "C'était pas vous la fille de Canal + ou un truc comme ça ?", auquel elle répond un oui timide, presque chuchoté. Et alors que je m'apprête à répliquer que ça fait dix bonnes minutes que je me le disais, mais que je n'avais pas pu avoir de confirmation de mon amie parce que bon elle est Italienne et de toutes façons on vit en Colombie alors j'ai un peu oublié la France et son showbiz, elle me coupe l'herbe net en me disant qu'en fait là ils sont en train de tourner…
En fait ce n'était pas un orchestre, c'était l'équipe de tournage, et deux personnes viennent nous demander de continuer de marcher plutôt que de rester immobiles à deux pas de la prise de vue. Ah euh bon, ben euh on descend, et on se retrouve au milieu de l'équipe de tournage, qui n'en a rien à faire visiblement. Je capture deux trois photos, pour chercher plus tard à qui appartiennent les autres visages qui ne me reviennent pas (bien que j'ignore si c'est dû au fait que je n'ai jamais vraiment connu le nom des célébrités françaises ou au fait que ce n'en soient pas). Ils filment trois fois la même prise, et nous nous lassons, et préférons passer notre chemin. Je me demande en m'éloignant si les Français que nous laissons ont la moindre idée de la vie ici, coupée du monde, sans autres nouvelles que celles véhiculées par l'Etat, ou si l'on verra uniquement des décors de carte postale et des acteurs parisiens dans leur film dont j'ai déjà oublié le nom…
Nous continuons notre route, pour nous arrêter par hasard dans deux boutiques de souvenirs mitoyennes, où nous faisons la connaissance d'une jeune femme aussi chaleureuse que serviable. Elle nous proposera, en même temps que des souvenirs de son pays, des activités pour l'après-midi, et des lieux à voir. Elle nous expliquera que si l'on n'a pas de quoi payer, elle accepte le troc, de vêtements, ou de produits d'hygiène (savon, shampoing) ou encore de sucreries pour les enfants, qui sont si dures à trouver ici. Nous n'en revenons pas, bien que cette rencontre nous offre des réponses aux questions que nous nous posions depuis la veille : où les gens achètent-ils leurs vêtements, eux qui semblent vêtus au même siècle que nous, sans que l'on puisse trouver aucune trace de magasins actuels.
Cuba, terre où communiquer et partager semble si facile et si difficile à la fois...
samedi 4 décembre 2010
Chapitre I - Cuba, Terre du passé
Jeudi matin nous arrivions à l'aéroport international de La Havane. S me confie dès les premières minutes que c'est le plus moche aéroport (international) qu'il lui ait été donné de voir. On arrive dans le taxi après avoir déjà parlé à six personnes dont la dame de l'immigration, qui nous demande où nous avons appris à parler l'espagnol ; madame pipi, qui voulait échanger 4000 pesos colombiens contre la devise locale et ne voulait pas croire qu'ils ne valaient que 2$ ; un type qui attendait ses bagages ; des gens devant le guichet automatique qui nous expliquent les deux monnaies locales, le cours du pesos convertible et les taux de change divers.
L'arrivée à l'hôtel est pour le moins décevante. Il fait gris et nuageux à l'extérieur, et sombre à intérieur de l'hôtel. La décoration relève davantage du film d'auteur des années soixante, et l'on apprend bien vite que notre chambre ne sera prête qu'une heure plus tard, qu'il n'y a pas de connexion à Internet gratuite et que le wifi n'est disponible que du lobby. La carte de S ne lui permet pas de retirer de l'argent sur place et tout le monde fume un peu partout dans l'hôtel.
Après avoir déposé nos affaires nous sortons faire un tour, dans une ville défraîchie, dont la croisette morne et vide semble sortie d'un film d'horreur. Nous entrons dans une supérette sise face à l'hôtel, et ne trouvons qu'une dizaine de produits disponibles, des produits de base : cigarettes, rhum, eau, pâtes. À côté, se trouve un "centre commercial". Dedans ça sent les eaux usagées, il n'y a pas d'éclairage et les magasins semblent nus.
Dehors des voitures des années cinquante, des gens plantés dans leurs maisons, qui regardent les passants, passants qui eux aussi regardent les passants.
Cuba, île oubliée, terre désolée, où tout le monde semble échoué.
[rassurez-vous, it can only get better!]
mercredi 1 décembre 2010
Jingle Bells
mardi 30 novembre 2010
Un pas plus loin : de l'esthétique
lundi 29 novembre 2010
un week-end (presque) comme tant d'autres

jeudi 25 novembre 2010
Entre rêve et réalité
lundi 22 novembre 2010
boulot, intempéries et congés
Je suis de retour d'un job, mon premier en tant que superviseur ! Du design à l'installation, j'ai tout pris en main, comme une grande, que je serai bientôt (plus que un ou deux jobs et on m'offre un casque blanc !). Bilan du job : deux nuits blanches, dont une sous la pluie déguisée en stabilo jaune, cinq gros chiens qui ne m'ont même pas fait peur, treize packers enterrés sous terre, et UNE UNIQUE piqûre de moustique (sur la main gauche, qui a un pouvoir attractif visiblement très développé).
Ça c'était pour la partie qui intéresse le moins.
Sur le chemin vers le puits, le niveau de l'eau avait encore monté, à cause des gros orages que l'on subit quasi quotidiennement en ce moment. Les inondations touchent une grande partie du pays, il paraît qu'à Bogota c'est pire. Ici au moins, quand il ne pleut pas il fait très bon (25-30degC).
L'autre bonne nouvelle de la semaine, c'est que je suis libérée en congé lundi prochain en principe, pour une semaine. Je ne sais pas encore quoi en faire, j'essaie d'organiser un voyage avec S, une amie Italienne dont l'époux travaille à la base. Plus de nouvelles à venir.
Je vous laisse entre les mains de notre compère Barranmejo pour qui la pêche a été bonne (à la main je vous prie !). Photo non contractuelle prise sur le chemin du puits.
samedi 13 novembre 2010
S comme...
Quand j'étais plus jeune, mettons il y a dix ans, que n'aurais-je pas donné pour avoir juste un flash de l'avenir, de la profession que j'exercerais, de l'endroit où je vivrais, de toutes ces questions existentielles qui commencent à nous triturer l'esprit à mesure que l'on sort de l'enfance.
Je me dirais ceci...
Ma ptite K, du haut de tes ** printemps, tu vis en Tunisie, vas au lycée (collège et lycée étaient jumelés en un même établissement) tous les jours, et aimerais bien savoir comment ce sera dans dix ans.
Eh bien dans dix ans, tout le monde sera connecté à internet en permanence (oui ça ne marchera plus à la minute) et tu auras retrouvé tous tes camarades d'enfance via facebook (c'est comme un annuaire mondial, mais ça fait aussi msn) et les auras même revus, oui même les Belges.

vendredi 12 novembre 2010
Flooding
Les machins rouges au milieu, ce ne sont pas des bouches d'égouts, mais des puits producteurs de pétrole, inondés à mi-hauteur (la moitié basse de chaque bouche est le reflet de la moitié supérieure dans la "flaque") ! C'est le cas de tous les puits qui bordent le fleuve dans la région, et c'est en train de chambouler tous les plans de nos clients, démunis, puisque les puits en cet état ne peuvent absolument pas être opérés...
Mais au-delà des puits, il y a quelques malheureux, moins nombreux que les puits certes, mais plus à plaindre je pense, qui avaient élu domicile près du rivage, dans des sortes de paillotes qui faisaient aussi buvettes ou vendeurs de glaçons, activités très en vogue dans cette région dont l'activité économique gravite autour des puits et de leur population qui travaille dehors, sous le soleil, et a besoin de se nourrir et s'hydrater, et de maintenir des boissons au frais toute la journée sans avoir de frigo. (oui ici on n'utilise pas des sacs de liquide bleu, on y va a la dure, à renfort de kilos de glaçons)
mercredi 10 novembre 2010
Du jour au lendemain
(Voici la preuve en image, pour les plus sceptiques d'entre vous qui me prendraient pour une chochotte)
dimanche 7 novembre 2010
moustiques, pétrole et propagande
J'étais de shift de nuit, et j'accompagnais un coéquipier sur son job de promotion au grade supérieur, un petit avant goût de ce qui m'attend bientôt.
Pour passer le temps pendant les périodes où l'on doit rester en stand-by mais où il vaut mieux éviter de dormir pour ne pas sombrer, l'idée folle m'a prise de regarder un film, et pas n'importe lequel, The Hurt Locker, ce film se déroulant durant la guerre en Irak, qui a gagné l'oscar cette année.
Ce film m'a laissée la même impression que Munich il y a quelques années. Cet aigre-doux [Edit: nauséabond, pour mieux vous donner une idée de mon avis qui n'est vraisemblablement pas bien passé à l'écrit] des films qui plaident une cause et en servent une autre.
Ici l'on parle de guerre, et l'on suit donc des personnages de l'armée américaine postée en Irak. Ce sont des démineurs, dépeints, je vous le donne en mille, en valeureux soldats, un peu foufous mais au fond héroïques. Les Irakiens, eux, n'apparaissent que sous forme de silhouettes dans le désert qui mitraillent les soldats américains ; de badauds silencieux aussi tenaces que les mouches du désert et d'autant plus dangereux qu'ils sont proches d'une mosquée ; ou de méchants garnements qui caillassent les tanks de l'US army. Les (nombreuses) répliques prononcées en arabe ne sont à aucun moment sous-titrées, si bien que si l'on ne comprend pas cette langue, on passe à côté de tout ce qui sera dit par les locaux durant le film, ce que je trouve incroyablement dommage (en particulier la scène où une dame chasse un GI de chez elle en le traitant de criminel, mais qui ressemble davantage à une scène d'hystérie sans les sous-titres).
Le seul Irakien rendu attachant par le scénario est un gamin surnommé Bekham qui parle anglais, joue au foot, vend des DVD en tous genres aux GI et les escroque allègrement, et qui fume à même pas 13 ans. Le doute plane un moment sur son meurtre sanglant par des fabricants de bombes artisanales pour des raisons obscures. Charmant portrait.
Bref je suis curieuse de savoir en quoi ce film est anti-guerre, n'y ayant vu pour ma part qu'un apologue à la bravoure de certains citoyens américains et à l'animosité du peuple irakien, qui rappelons-le, s'est vu envahir par l'armée américaine en 2003, sans motif réel (hum hum) démontré à ce jour.
[pas d'image, car la guerre c'est mal]
vendredi 5 novembre 2010
chrysalide
jeudi 28 octobre 2010
Enclave toi-même !

dimanche 24 octobre 2010
La vie après le Field

jeudi 21 octobre 2010
Ça pourrait être vous

vendredi 15 octobre 2010
Pensées d'un vendredi d'automne

Les feuilles mortes qui s'amassent au sol, cuivre et or, salies par la pluie, puis s'envolent au gré des bourrasques du vent.
samedi 9 octobre 2010
Un soupçon d'ici (3)
Elle se fait un plaisir de disposer méticuleusement les patacones sur un lit de laitue, "batavia" me confie-t-elle comme on transmet une recette de grand-mère, religieusement, solennellement, et en murmurant presque au creux de l'oreille, "et non lechuga comme beaucoup croient à tort" poursuit-elle. Elle remet les sauces dans le frigo high-tech sur-dimensionné qui constitue, avec la pile de briques, l'autre élément de séparation de la cuisine avec la pièce principale. Réflexe d'ingénieur, je me demande comment ce qui s'apparente en première approximation à une masure de bidonville sans eau courante peut ainsi alimenter en électricité un frigo, plusieurs lampes et un PC, pour découvrir au niveau du mur de l'entrée ce qui doit être le compteur électrique. Je me demande en dernière instance pourquoi se poser tant de questions, et m'arrête net de penser. Au lieu de cela, je vis le moment présent, ce dîner simple mais tellement riche...
vendredi 8 octobre 2010
De Berkeley/San Francisco, je retiendrai...
mercredi 6 octobre 2010
Welcome to America
samedi 2 octobre 2010
Good Morning San Francisco
Plus précisément il réside à Berkeley, avec deux autres étudiants. Berkeley c'est le nom de la grande université, mais aussi de la ville qui l'accueille.
Bref je n'ai qu'un accès restreint à Internet, donc je vous laisse, mais tout va bien et il fait beau !! plus de texte et d'images à mon retour !
jeudi 30 septembre 2010
Update
Je suis arrivee ici hier, il faisait moche, comme souvent ici (temps gris et pluie), mais dans quelques heures le climat devrait etre bien different ! Vous ne savez pas encore ou je vais. Bon je peux (presque vous le dire) : la mon avion s envole pour Miami. Et ce n est pas ma destination finale !!
Bisous bisous et a bientot !
mercredi 29 septembre 2010
Congé !
Peut-être ai-je omis de le mentionner, notre rotation a changé ici et je bénéficie maintenant de 7 jours de congé tous les 21 jours travaillés (avant c'était 6 jours pour 24). Ces jours, on ne peut pas vraiment les choisir, ils dépendent de l'activité, et aussi d'un ordre de rotation. Bref là j'ai appris lundi que demain c'est mon tour, même si je savais depuis un moment que mes congés étaient imminents (sans jusque là avoir de date fixe cependant).
Le gros souci c'est de trouver que faire de ce temps libre, et avec qui ! Ça peut paraître absurde, mais quand on y réfléchit, être en terre étrangère en vacances seul, c'est pas spécialement ce qu'il y a de plus sympa. J'ai sondé les gens autour pour voir qui serait susceptible d'être aussi en congé, pour aller voir à quoi ressemble les Caraïbes, ou autre chose. Mais comme on travaille tous dans la même boîte, on est soumis aux mêmes aléas des congés, et je ne sais toujours pas qui serait en mesure de se joindre à un tel périple !
Bref tout ça pour dire qu'en cette fin d'après-midi j'ai arrêté de tergiverser, pris une décision, sondé les intéressés, et acheté mes billets d'avion. Demain après-midi, je retourne à Bogotà, et pour la suite, vous verrez bien, inchallah ;-)

dimanche 26 septembre 2010
Un soupçon d'ici (2)
La casa de notre ami est petite, mais cossue. C'est la maison de la mama, un savant mélange de passé et de présent, de moderne et de désuet, un joyeux gourbi plein de couleurs et de convivialité, qui ne doit d'être confortable et toujours debout qu'au climat clément de la région.
Les murs sont en briques rouges, de l'extérieur comme de l'intérieur, semblables au jour où ils ont été bâtis. D'ailleurs les briques qui serviront sans doute à achever la construction sont disposées dans deux coins de la pièce principale, en piles plutôt larges et à hauteur de coude, formant des meubles de fortune. Une tôle ondulée fait office de toit. Aux murs sont accrochés des photos d'enfants, deux casques de moto et le gilet orange fluo serti du numéro d'immatriculation du bolide qui va de pair, un casque de vélo, un miroir rectangulaire un peu usé, que l'on dirait sorti d'un film en noir et blanc.
Sur le meuble de fortune, en retrait, on distingue un mini PC portable qui joue des tubes colombiens, et une autre photo d'enfant, au milieu d'un cadre aux finitions approximatives, en bambou, tel que ces cadeaux que l'on nous fait confectionner à l'école primaire pour la fête des mères, que notre maman garde toute sa vie plus pour nous faire plaisir que pour la valeur artistique ajoutée à la décoration de son intérieur. Trônent aussi des objets aléatoires tels qu'un bloc note, quelques crayons, et quatre gros cylindres de bambou, percés de trous à diverses hauteurs, comme s'il s'agissait d'instruments à vent. J'apprendrai plus tard qu'il s'agit d'un prototype de chaise en bambou, dont notre hôte a lui-même dessiné le modèle, car il a pour projet de monter sa boîte de confection de meubles originaux en bambou. Il a déjà commencé avec d'autres objets, expliquera-t-il en brandissant le cadre dont l'arrière a été coupé dans du carton, et qui reposait en fait sur la table non sur un pied, qui n'a pas encore été taillé, mais en équilibre sur deux tiges métalliques recouvertes de plastique vert.
Cette pile de briques fait triple emploi puisqu'elle marque également la séparation entre la pièce principale et le coin cuisine. Sur une table siègent quelques marmites, tandis que d'autres ustensiles pendent au mur : à côté de la râpeuse kitsch vert fluo, la cuiller grand format en téflon et le marteau pilon traditionnel en bois. Sur une autre table placée à angle droit, a été installée la gazinière, une double-plaque électrique de camping, sur laquelle deux poêles cuisent déjà le dîner de ce soir, une en téflon et une sans manche, noire de graisse et pleine d'huile, cette juxtaposition résumant parfaitement le mariage cavalier des tendances, époques et moyens de ce home sweet home colombien.
Ne cherchez pas l'évier, il est dehors, ainsi que les sanitaires et la douche, dans la petite cour derrière la maison. C'est là que vit aussi la poule domestique, chagrine depuis le suicide de sa sœur, par obésité volontaire. Le deuil ne l'empêche pas de manger cela dit, elle est d'ailleurs en bonne passe de rejoindre sa frangine au paradis des cocottes, nous dit le maître des lieux.
[à suivre]
samedi 25 septembre 2010
Un soupçon d'ici (1)
D'abord fermez les yeux, et oubliez ce qui vous entoure. Le bureau, le boulot, le bruit des collègues autour, la maison, la grisaille. Exit. Tout est noir à présent autour de vous et silencieux.
Une musique se fraie un chemin jusque vos oreilles...
D'abord les percussions et leur son rythmé et régulier. Pi-pa-poum-poum Pi-pa-poum-poum-paf (bis) Puis à cette toile de fond se mêlent tour à tour les trompettes et les cordes. La voix du chanteur retentit à son tour, sonnant comme un instrument de musique à part entière, qui lie le tout dans cet air de salsa qui semble venu tout droit du bord de mer.
De mer il n'y en a point. Pourtant dans l'air règne cette langueur propre aux stations balnéaires, cette chaleur moite et presque salée. Seules l'odeur de l'iode et la brise marine manquent, et leur absence nous rappelle que nous sommes au milieu des terres. Tierra caliente on dit ici, pour se référer au climat, puisqu'il n'y a pas vraiment de saisons auxquelles se rattacher.
On ouvre les yeux, dans un taxi local, sans compteur mais avec un indicateur de vitesse, avec ceinture de sécurité à l'arrière mais sans point pour la boucler. Il passe devant quelques boutiques : une épicerie digne de mes souvenirs balnéaires tunisiens, avec des bouées et des dauphins gonflables en devanture ; quelques restaurants où l'on peut distinguer le ketchup et la mayonnaise sur les tables des clients, non dans les bouteilles aux formes traditionnelles, mais dans ces pochettes molles typiques ici, ces recharges économiques et supposément écologiques, pareilles à une brique de lait dont on aurait déplié les rebords pour en retirer le volume, dans une matière entre aluminium et plastique et dont le bouchon se visse dans le coin. On voit d'autres restaurants maintenant, avec de grandes poêles occupées à frire veau, vache, cochon, couvée.

[à suivre]
mercredi 22 septembre 2010
Un an déjà !
Je rêvais d'avoir un casque pour Noël, de partir loin, j'appréhendais les nuits blanches et les responsabilités, je ne savais de ce métier que ce que m'en avaient dit les gens qui l'exerçaient que j'avais rencontrés : beaucoup de boulot, peu de sommeil, mais un nombre de films au compteur imbattable.
Aujourd'hui, je suis devant un autre PC, en Colombie. Dehors il fait chaud, et il pleut de moins en moins, on entre peu à peu dans la saison sèche je crois, et j'en suis à mon dixième mois de beau temps consécutif, je le sens de l'intérieur, et je crois que ça se voit à l'extérieur !
Si je travaille depuis à peine plus de sept mois, je pense quand même déjà pouvoir faire la part des choses, et ce qui est sûr, c'est que l'on ne m'avait pas menti ! Du boulot il y en a, même si je trouve que je ne vais pas sur le terrain autant que je le souhaiterais (mais ça, ça dépend de l'activité). Du sommeil, quand je suis sur le terrain, j'en manque, même si le reste du temps je peux dormir correctement - bien que le réveil à 6h30 soit quelque chose qui psychologiquement me fait énormément souffrir. Enfin je n'ai pas vu beaucoup de films ici, et encore moins lorsque je suis sur le terrain. Je suppose que cela dépend du segment dans lequel on travaille, car mes amis qui forent, eux, passent en effet leur vie à regarder des films (pendant qu'ils forent justement).
Du reste être une fille sur le terrain est singulièrement plus facile qu'on ne me l'avait dit. Cela, j'en suis sûre, dépend aussi du pays où l'on est et de l'équipe.
Je pense donc pouvoir affirmer, un an plus tard, que je ne regrette pas mon choix, et je remercie qui de droit d'avoir exaucé mon vœu. En plus je pense avoir eu beaucoup de chance, que ce soit le segment au sein duquel je travaille, le pays où je vis, ou l'équipe avec laquelle je partage mes journées. Toujours est-il que je suis heureuse le matin en me levant, et pleine de gratitude tous les soirs en me couchant.
Je n'ai pas eu mon casque blanc pour Noël dernier, mais il semble que ce soit prévu pour cet hiver. Si tout se passe bien il fera beau, et je serai sur le terrain !
Joyeux anniversaire S Comme...
samedi 18 septembre 2010
Going social
Exit donc la personne que vous connaissiez en Tunisie ou en France, ici à Barranca j'étais plus terne que l'ombre de moi-même. Je portais en permanence ce masque que peu d'entre vous connaissent, qui m'accompagnait à l'époque dans les transports en commun en Tunisie (ou dans la rue, passée une certaine heure) : yeux rivés au sol, traits fermés, yeux froncés. Je m'efforçais de passer le plus inaperçu possible, de me déplacer furtivement et de ne saluer personne. Alors que j'étais souvent celle qui organisait les sorties, et qui proposait régulièrement des événements socio-culturels dans ma vie précédente, ici je m'appliquais à refuser systématiquement les invitations de ma colocataire, en créant le premier précédent la veille de mon départ pour la school, en juin dernier (souvenez-vous).
Or depuis mon retour ici, je me fais peu à peu à l'idée que Barranca est mon assignation géographique, et ne rêve plus spécialement de retourner à Bogota, même si je serais ravie de le faire, pour retrouver mes colocataires, qui ont fait l'acquisition d'une wii après mon départ, et retrouver cette belle ville et les amis que j'y ai laissés.
Je m'intègre donc peu à peu à la vie en société ici, ce qui laisse entendre que j'ai adouci mon comportement ; cela m'a d'ailleurs valu cette récente confidence sur ma manière d'être, comme quoie j'étais "féroce" auparavant, même si je préfère croire que j'étais "juste" farouche (ce qui n'est déjà pas anodin) et que du reste je le demeure.

Néanmoins, je fais des efforts. Maintenant je salue les gens que je croise à la base, même si je ne les connais pas, et même si du coup je dois les saluer une bonne quinzaine de fois par jour à présent, vu que (cf. article précédent) j'ai la mémoire vive de Dori du monde de Nemo. Autre pas en avant, je déjeune et discute avec des gens autres que ceux strictement de mon segment. Non que j'étais sectaire, mais avant l'occasion ne s'était présentée que très rarement. Maintenant je m'efforce d'assister aux événements mondains de la vie de la base, et me suis même laissée enrôler dans l'équipe de volley ball !
Bref je redeviens moi même, c'est plutôt bon signe non ?